Violences sexuelles, exécutions… Des Éthiopiens témoignent de l’occupation tigréenne

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                En Éthiopie, les rebelles tigréens ont occupé pendant près de trois mois le nord de la région Afar, dans le nord du pays. Leur invasion a déplacé 336 000 individus de la zone. Depuis fin avril, les forces tigréennes se sont retirées, laissant derrière elle une province exsangue.                </p><div readability="61.673233695652">

                <p><em>Avec notre envoyé spécial à Erberti,</em> <strong>Noé Hochet-Bodin</strong>

Pendant cette nuit de janvier, lorsque les rebelles du TPLF ont pris d’assaut Erebti et ses environs, Assiya Mohammed n’a pas pu fuir, à l’inverse des 26 000 habitants de la ville. « J’ai dix enfants à ma charge, dit-elle. Je ne pouvais pas les laisser derrière. Les Tigréens m’ont surprise donc je suis restée bloquée ici. Personne n’a pu m’aider. »

Selon les chiffres de l’administration locale, Assiya Mohammed et 20 autres femmes ont été abusées sexuellement pendant l’occupation des forces tigréennes. « On avait peur, on pleurait, on n’avait pas le choix. Quand ils ont conquis le lieu, ils abusaient presque tous les jours de nous en pointant leurs armes sur nous. »

Non loin de là, dans la localité de Berhale, un cimetière improvisé a été creusé à l’entrée la ville. Le maire Osman Khalil inspecte les tombes. « Pour la seule localité de Berhale, nous avons enregistré 99 morts civiles. Dans le secteur de Damale, une terre agricole à 21 km d’ici, 28 agriculteurs ont été exécutés. » Dans le nord de l’Afar, environ 250 civils auraient été tués, à la fois dans les combats et pendant l’occupation qui s’est ensuivie.

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